La majoration de 20 % relève le barème kilométrique des seuls véhicules 100 % électriques : vous prenez le montant obtenu avec le barème voiture classique et vous le multipliez par 1,2. Les hybrides rechargeables en sont exclus et restent au barème thermique, la recharge et la location de batterie étant déjà couvertes comme le carburant. Pour 15 000 km avec une 5 CV, l’écart atteint 1 350 € déductibles en plus.
La majoration de 20 % réservée aux voitures électriques

Depuis l’imposition des revenus 2021, l’administration fiscale applique une majoration de 20 % au barème kilométrique pour les véhicules qui fonctionnent uniquement à l’électricité. Cette règle figure dans l’arrêté du 27 mars 2023 et reste valable pour vos déclarations sur les revenus 2024 et 2025. Elle récompense le surcoût d’usage d’une voiture zéro émission sur vos trajets professionnels.
Concrètement, vous calculez d’abord votre indemnité avec le barème voiture standard, puis vous ajoutez 20 %. Aucune démarche particulière n’est demandée : la majoration se traduit simplement par un montant déductible plus élevé au moment de déclarer vos frais réels.
Quels véhicules ouvrent droit à la majoration ?
Le critère est strict : seul un véhicule 100 % électrique bénéficie du bonus de 20 %. La motorisation doit être exclusivement électrique, sans aucun moteur thermique d’appoint. Cette logique rejoint celle que vous retrouvez quand vous décidez de passer le permis en voiture électrique, où seul le tout-électrique est reconnu comme tel.
Voici comment se répartissent les motorisations face à cette règle :
- Voiture 100 % électrique : majoration de 20 % appliquée.
- Hybride rechargeable : exclu, barème thermique classique.
- Hybride simple, essence, diesel, hydrogène : barème thermique classique.
Ce que le barème couvre déjà : recharge et location de batterie
Le barème kilométrique est un forfait qui englobe l’usure du véhicule, l’assurance, l’entretien et l’énergie. Pour une électrique, cela veut dire que vos frais de recharge sont déjà compris dans le montant, exactement comme le carburant l’est pour une thermique. Vous ne pouvez donc pas ajouter vos factures d’électricité par-dessus.
La location de la batterie, quand votre modèle en prévoit une, entre aussi dans ce forfait. Vous n’avez pas à la déclarer séparément. La majoration de 20 % vient précisément couvrir ces particularités de coût propres à la mobilité électrique.
Simulez la majoration sur votre barème kilométrique
Comparateur barème kilométrique : thermique vs électrique
Indiquez la puissance fiscale de votre véhicule et vos kilomètres professionnels de l'année. L'outil vous donne le montant du barème classique, le montant majoré de 20 % réservé aux voitures 100 % électriques, et l'écart en euros.
Renseignez les champs puis lancez le calcul, le détail s'affiche ici.
Résultat indicatif, calculé dans votre navigateur. Aucune donnée n'est envoyée. Barème voiture officiel (arrêté du 27 mars 2023).
Pour visualiser l’effet de la majoration sur votre situation, indiquez la puissance fiscale de votre voiture et vos kilomètres professionnels de l’année. Le comparateur affiche le montant thermique, le montant électrique majoré et l’écart en euros que vous gagnez.
Barème kilométrique thermique et électrique comparés

Le barème voiture repose sur deux paramètres : la puissance fiscale exprimée en chevaux (CV) et la distance parcourue à titre professionnel dans l’année. Trois tranches de kilométrage se succèdent, chacune avec son propre coefficient. La majoration électrique s’ajoute à la toute fin, une fois le montant thermique établi.
Le barème voiture par tranche de kilomètres
Le barème voiture 2025, identique à celui de 2024, distingue cinq puissances fiscales et trois tranches de distance. Voici les coefficients officiels à appliquer sur votre montant thermique, avant la majoration électrique de 20 % (d = distance parcourue à titre professionnel dans l’année) :
| Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Le montant électrique s’obtient toujours de la même façon, en majorant de 20 % le résultat thermique. Le comparateur plus haut applique automatiquement ces coefficients pour toutes les puissances.
Barème thermique 5 CV, 15 000 km : 6 750 €. Version électrique : 8 100 €. La majoration de 20 % vous rend 1 350 € déductibles en plus.
Exemple chiffré : 1 350 € d’écart pour 15 000 km
Reprenons cette 5 CV parcourant 15 000 km professionnels. Le calcul thermique donne 15 000 fois 0,357, soit 5 355 €, auxquels s’ajoutent 1 395 € : le total atteint 6 750 €. En version électrique, vous multipliez ce montant par 1,2 et vous obtenez 8 100 €.
L’écart de 1 350 € correspond à une déduction supplémentaire, pas à un remboursement direct. Il réduit votre revenu imposable, donc votre impôt final, à hauteur de votre tranche marginale.
| Barème appliqué | Montant déductible (5 CV, 15 000 km) |
|---|---|
| Thermique | 6 750 € |
| Électrique (+20 %) | 8 100 € |
| Écart en votre faveur | 1 350 € |
Comment déclarer vos frais réels avec la majoration ?

La majoration ne se coche pas dans une case dédiée. Vous reportez simplement le montant total de vos frais réels, majoration comprise, dans la case prévue de votre déclaration de revenus. Le barème détaillé se justifie sur demande de l’administration, notamment via le simulateur officiel des frais de transport déductibles.
Cette option des frais réels concerne aussi bien les salariés que certains indépendants. Elle rejoint la logique des avantages en nature des véhicules de fonction, où la motorisation électrique bénéficie elle aussi d’un traitement plus favorable.
Frais réels ou abattement de 10 % : quand ça vaut le coup
Par défaut, l’administration applique un abattement forfaitaire de 10 % sur vos salaires. Vous n’avez intérêt à passer aux frais réels que si le total de vos dépenses professionnelles, transport en tête, dépasse ce forfait. Avec une électrique et de nombreux kilomètres, la majoration de 20 % fait souvent basculer le calcul en votre faveur.
Faites la comparaison chaque année : le montant de l’abattement dépend de votre salaire, et votre kilométrage varie. Le comparateur vous donne en quelques secondes le montant à mettre en face des 10 %.
Les justificatifs à conserver
Vous n’envoyez rien avec votre déclaration, mais vous devez pouvoir tout prouver pendant trois ans. Gardez de quoi établir la réalité et le volume de vos trajets professionnels.
- La carte grise, qui atteste la puissance fiscale et la motorisation électrique.
- Un relevé de vos trajets : agenda, notes de rendez-vous, relevés kilométriques.
- Les justificatifs d’un usage professionnel réel du véhicule.
Questions fréquentes
La majoration de 20 % s’applique-t-elle aux hybrides rechargeables ?
Non. Seuls les véhicules fonctionnant exclusivement à l’électricité y ont droit. Un hybride rechargeable, même capable de rouler plusieurs dizaines de kilomètres en mode électrique, reste soumis au barème thermique classique.
Faut-il ajouter les frais de recharge en plus du barème ?
Non. L’électricité de recharge est déjà comprise dans le barème kilométrique, au même titre que le carburant pour une thermique. Vous ne pouvez pas cumuler le forfait et vos factures d’électricité domestique ou en borne publique.
La majoration concerne-t-elle aussi les deux-roues électriques ?
Oui, le principe de la majoration de 20 % vaut également pour les motos et cyclomoteurs 100 % électriques. Ils disposent toutefois de leurs propres barèmes, distincts de celui des voitures, avec des coefficients plus faibles.
Comment est calculée la puissance fiscale d’une voiture électrique ?
La puissance fiscale figure à la ligne P6 de votre carte grise. Pour beaucoup de citadines électriques, elle se situe entre 3 et 6 CV. C’est cette valeur, et non la puissance en kilowatts, qui détermine le coefficient à utiliser dans le barème.
Peut-on cumuler le barème et les frais de péage ?
Oui. Les frais de péage et de stationnement liés à vos déplacements professionnels s’ajoutent au montant du barème kilométrique, majoration comprise. Conservez les tickets et relevés télépéage correspondants pour les justifier.
