Une carrosserie rayée, un rétroviseur arraché ou un tag sur une portière relèvent d’une dégradation de bien, que le code pénal sanctionne. Deux gestes commandent la suite du dossier : photographier les dégâts sans rien déplacer, puis déposer plainte pour obtenir un procès-verbal. Vous disposez ensuite d’au moins 5 jours ouvrés pour déclarer le sinistre à votre assureur. L’indemnisation dépend alors de votre formule et de la franchise inscrite au contrat.
Que faire dans les heures qui suivent la découverte ?

Photographiez les dégâts avant de déplacer le véhicule
La scène que vous avez sous les yeux ne se reconstituera pas. Fixez-la avant tout déplacement, en couvrant ces quatre points.
- Des vues larges qui situent le véhicule dans la rue.
- Un gros plan par dégradation, rayure comme élément arraché.
- La date, l’heure et l’adresse exacte du stationnement.
- Les caméras de voirie ou de commerces visibles alentour.
Ces éléments servent à l’enquête et, si l’auteur est retrouvé, au recours de votre assureur. Un voisin ayant assisté à la scène peut aussi être cité comme témoin.
Déposez plainte, même si l’auteur reste inconnu
Rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie avec vos photos et le détail des dégradations. Le procès-verbal remis à cette occasion ouvre la suite du dossier, et aucun assureur ne traite un acte de vandalisme sans lui. Aucun texte n’impose de délai pour porter plainte, mais un dépôt dans les 24 à 48 heures reste la bonne pratique, puisque le délai de déclaration à l’assureur court déjà.
L'article 322-1 du code pénal punit la dégradation d'un bien appartenant à autrui de 2 ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende ; un tag tracé sans autorisation sur un véhicule expose à 3 750 euros d'amende lorsque le dommage reste léger.
Les assureurs publient des fiches pratiques qui détaillent ce parcours étape par étape. Elles évitent d’oublier une pièce au moment de constituer le dossier. La MAIF récapitule ainsi les démarches à suivre en cas de vandalisme voiture, du dépôt de plainte jusqu’à l’expertise.
Vous y retrouvez les justificatifs attendus et l’ordre dans lequel les transmettre. Gardez cette trame sous les yeux tant que le souvenir des faits reste frais.
Quel délai pour déclarer le sinistre à votre assureur ?

Cinq jours ouvrés, le plancher fixé par la loi
L’article L113-2 du code des assurances encadre ce point. Le contrat fixe le délai de déclaration, sans pouvoir descendre sous 5 jours ouvrés. Ce plancher tombe à 2 jours ouvrés pour un vol, et le décompte démarre au moment où vous avez connaissance du sinistre.
Un retard ne vous prive pas automatiquement de votre indemnité. La déchéance prévue au contrat ne vous est opposable que si l’assureur établit que ce retard lui a causé un préjudice. Prévenez malgré tout sans attendre, ne serait-ce que pour lancer l’expertise plus tôt.
Les pièces à joindre à votre déclaration
Une déclaration complète accélère le traitement du dossier. Réunissez ces éléments avant de contacter votre assureur.
- Le procès-verbal ou le récépissé de dépôt de plainte.
- Les photos datées de chaque dégradation.
- La date, l’heure et le lieu précis de la découverte.
- Votre numéro de contrat et les coordonnées des témoins.
Quelles garanties couvrent les dégradations ?

Au tiers, la facture reste pour vous
La formule au tiers couvre les dommages que vous causez à autrui, pas ceux subis par votre propre véhicule. Un acte de vandalisme n’y ouvre donc aucune prise en charge. La seule issue tient à l’identification de l’auteur et à sa mise en cause, ce qui reste rare sur ce type de faits.
Ce plafond surprend surtout les propriétaires de véhicules anciens, assurés au minimum. Relisez votre tableau de garanties avant d’en avoir besoin.
Vandalisme, bris de glace, tous risques : qui paie quoi ?
Les formules tous risques indemnisent le vandalisme, tantôt par une garantie dédiée, tantôt par la garantie dommages tous accidents. Chez la MAIF, les formules Différence et Plénitude couvrent ces dégradations. Le tableau ci-dessous résume qui intervient selon la nature des dégâts.
| Nature des dégâts | Garantie mobilisée |
|---|---|
| Rayures et carrosserie enfoncée | Vandalisme ou dommages tous accidents |
| Pare-brise ou vitre latérale brisé | Bris de glace |
| Rétroviseur ou optique arraché | Vandalisme, selon le libellé du contrat |
| Véhicule incendié | Incendie |
Comment se calcule votre indemnisation ?

L’expertise chiffre le montant des réparations
Après la déclaration, votre assureur mandate un expert. Celui-ci examine le véhicule, chiffre les réparations et vérifie que les dégâts correspondent aux faits déclarés. Son rapport sert de base au montant proposé.
Ne lancez aucune réparation avant son passage, sauf accord explicite de votre assureur. Connaître le coût des interventions aide en revanche à lire le devis : notre guide sur la réparation de carrosserie et son prix détaille ce que chaque type de dégât implique en atelier.
La franchise, la part qui reste à votre charge
La franchise est le montant déduit de l’indemnité, inscrit noir sur blanc dans votre contrat. Elle reste à votre charge dans la quasi-totalité des actes de vandalisme, puisque l’auteur est rarement retrouvé. Elle ne vous revient que si l’auteur est identifié et que le recours engagé par votre assureur aboutit.
Un acte de vandalisme n'est pas un sinistre responsable : il n'entraîne aucune majoration de votre coefficient de bonus-malus.
Comparez le montant de cette franchise au coût estimé des réparations avant de déclarer. Sur une rayure superficielle, la déclaration peut ne rien vous rapporter.
